Sans Filet

cathie motoraleuses

 

Bonjour à tous...

Mon nouveau livre est terminé!
A la lecture de l’ouvrage, beaucoup d’entre
vous penseront que ce n’est pas possible,
que j’ai brodé, inventé ou imaginé.
Tout y est absolument vrai.
Vous découvrirez mon parcours, très particulier.
Tout Moto Raleuses raconté, avec : Le moto Tour 2004!!


Attention, mes pensées acides
pourraient bien vous toucher !

EN LIVRE DE POCHE - 208 PAGES

Commentaires presse

 

Franche affranchie : Par Pierre Montagne - Presse Moto Belgique

Que ce soit au bout du fil, à travers ses trois BD (Moto Raleuses) décalées et son nouvel ouvrage “Sans Filet” publié une fois de plus en auto-édition, il est une qualité qui caractérise Catherine : la FRANCHISE. Les choses qui sont à dire doivent l’être, sans détour. Cette franchise, doublée d’un caractère bien (trop ?) trempé, d’un sens aigu de la justice, aura guidé les pas de Catherine depuis la plus tendre enfance. Rompue à torturer son corps par des cours de gymnastique sportive donné par des entraîneurs ayant obtenus leur licence dans des boîtes de conserve, elle développe une volonté d’airain. Jeune adolescente, elle se retrouve trop étriquée dans une bogue familiale et sociale réductrice. Elle plaque tout et part seule ! Début d’un parcours initiatique qui la mènera à côtoyer la vie nocturne, l’Afrique, la plupart des pays d’Europe, pour revenir poser ses valises en France. Guidée par une naïveté et une gentillesse qui n’a d’égale que son entêtement, elle pose un regard clair et direct sur notre société. Nos petites et nos grandes hypocrisies, nos mesquineries, nos mensonges, nos divers travers, tout passe par la moulinette de Catherine. Au fur et à mesure de ses rencontres, c’est un peu le reflet de chacun d’entre nous qu’elle nous renvoie. Exercice de haut-vol (pour un livre intitulé Sans Filet, c’est pas mal, non ?), Catherine nous gratifie d’une biographie qui se dévore en une soirée. Pas question d’éteindre la lampe de chevet, son style direct, d’une fluidité surprenante, est agrémenté d’expressions originales qui mettront de la légèreté dans ce parcours hors-norme. Légèreté bien nécessaire car l’on sent derrière le côté « bravache » de la dame, une sensibilité, un cœur « gros comme ça », comme une revanche sur un monde de mesquins. De la gymnastique à la moto, de l’Afrique à une participation au Moto Tour, du monde de la nuit au monde de la BD et de l’édition en passant par le journalisme et la photographie, on devine une intense envie de vivre chez Catherine. Un besoin profond de s’affranchir de tous les carcans de notre société trop conformiste. Une biographie qui se lit comme un polar. D’une traite, en attendant avec impatience un nouvel opus signé Devillard !

Dos ou quatrième de couve


Cathie, Catherine Devillard, ne pratique pas la langue de bois.
Aussi, lorsqu’elle décide d’écrire sa vie, ça déménage !
Et ce n'est pas un vain mot ! En nous racontant sans retenue une mine de péripéties trépidantes, inquiétantes, bouleversantes et le plus souvent tordantes, elle nous fait découvrir des dizaines de lieux et de personnages
haut en couleurs qui ont marqué son existence d'autodidacte jusqu'à ce jour. A la fois ou tour à tour : naïve, fonceuse, angoissée, déterminée, garçon manqué, coquette, sexy, timide, maladroite, originale, imprévisible, insupportable, fragile, marrante, indisciplinée, curieuse, honnête, généreuse, intrépide, inconsciente, courageuse, collante, indépendante,
intuitive, fidèle, gaffeuse, farceuse, casanière, aventureuse, provocatrice,incontrôlable, humaniste, poissarde, et râleuse.
Cathie est un véritable OVNI (Objet Vivant Non Identifié) !
Un paradoxe !
Depuis l'école de gymnastique dès cinq ans jusqu'à sa participation au Moto Tour 2004 et la sortie de son 3ème OPUS bédéssinesque de la collection Moto Râleuses, Cathie nous abandonne plus de quarante ans de galères, de joies, d'amours, de délires en tout genre.
Et on en redemande !

 

Comment aurais-je imaginé une enfant surdouée,
fille de pilote de chasse, quittant l'école et le " reste "
pour la rue et les nuits glauques, ses 14 ans à peine atteints ?
Cathie ne nous dit pas tout, mais laisse transparaître ce
qu'elle tait en filigrane. De l'ébauche de sa première bédé à aujourd'hui,je ne savais rien d'elle au fond.
A part son caractère entier, sa détermination à faire aboutir ses projets, sa naïveté déconcertante, sa grande capacité d'écoute,
et son incroyable rire !
J'ai dévoré ce récit étonnant, touchant et drôle.
Comme un ruban de bitume.
Plein gaz !


0livier T.

EXTRAITS

 

V

C'est entre les descentes du troisième étage, les week-ends fermiers et les fréquentations douteuses que j'ai terminé ma troisième. J'avais obtenu le passage en seconde, alors, pour le plaisir, par défi, j'ai foiré volontairement le BEPC. Quelques élèves ne sont pas passés en seconde avec le BEPC en poche… Même si ce n'est pas un examen de passage, J'ai comme un blanc. Un exemple de l'éducation équitable. Tu as trouvé l'interrupteur, mais y'a pas d'ampoule… c'est très con.
La seconde. Un grand moment ! J'ai fait deux jours ! Ce ne sont pas uniquement les quolibets sur mon accoutrement qui m'ont fait lâcher prise ou mes poches désespérément vides. Je m'ennuyais ferme. Ils me refaisaient le coup des grenouilles torturées vivantes et nous rappelaient, au cas où on aurait pas imprimé, qu'un valet essuyait le cul de Louis XIV et que les romains partouzaient en ripaillant.
Deux jours et vlan ! Le fameux texte de Villon sur des pendus à apprendre par cœur : “Quant à la chair que nous avons trop nourrie, elle est piéça dévorée et pourrie”.
Bonjour la motivation ! Belle piqûre de rappel en passant aux élèves en pleine crise d'ado. De l'optimisme à la pelletée ! Il y a pourtant le homard et son stylet copulatoire, Stone et sa jolie voix de cruche, la belle Lucy, l'australopithèque, qu'on a sorti de sa cachette et quelques auteurs, connus ou méconnus, qui nous auraient laissé entrevoir l'avenir sous de meilleurs auspices !
J'en avais aussi plein le dos d'entendre mes compagnons d'infortune baragouiner des horreurs en anglais.
- ah wald a riou ?
- Aie ame fort titou
Je vous laisse décoder.
Quatre ans de cours et pas fichus de donner même leur âge !
Mais pourquoi ils n'ont pas pris pékinois ? J'aurais mieux compris leur difficulté. Et triple bravo au prof de math surtout préoccupé par l'heure et pressé d'en finir avec nous. On ne pige rien et ça le gonfle. Faudrait inventer le métier de prof qui sert à rien. Mais je crois que ça existe déjà…
De toute façon, j'étais trop dissipée. J'avais quitté le domicile paternel et je vivais depuis peu dans des squats ou chez des potes. Le genre de vie qui n'incite pas à ouvrir un bouquin. La joie de vivre sur le visage de mon père m'a eu à l'usure. Et puis, j'en avais marre d'attendre qu'il se rase pour lui faucher quelques centimes. Je frôlais la crise cardiaque presque tous les matins ! La neurasthénie me guettait et ça n'aurait sûrement pas fait bon ménage avec mon nouveau second moi, que je trouvais terrifiant, mais si protecteur !

 

 

XIV

Un jeu qui ne me plaisait plus du tout. Les cabarets perdaient de leur superbe. L'argent se faisait la malle avec la nouvelle politique menée. La chasse aux oiseaux de nuit non déclarés était ouverte.
Adieu les orchestres, adieu les shows aux six à huit artistes, adieu les invitations sans tripotage. C'est en voyant débarquer des jeunes filles venues de la campagne que j'ai compris que l'économie partait en citrouille.
Elles se sont très vite adaptées les farouches petites fermières. Impressionnantes ! La culotte mémé a sans délai été remplacée par de la ficelle dentelée voir par rien du tout ! Les nibards sur la descente paradaient sous leurs mentons enfin soutenus par des baleines en alu.
En seulement quelques mois, les règles établies depuis des décennies, la bienséance, se sont écroulées sous les mains baladeuses des demoiselles avides d'espèces. Elles raclaient par tous les moyens les fonds de poche des clients plutôt contents du changement. Allez faire comprendre à un chien que vous avez habitué à bouffer du mollet, qu'il ne doit pas le faire sur tout le monde.
Bon courage ! Ça tournait grave au boxon et il était temps pour moi de changer de crémerie.

XX

Une mer sans marées juste bordée de vaguelettes, un mistral énervant, une populace trop mêlée et pourtant chauvine, des herbes à donf sur les saucisses, des chômeurs en beumeu à la pelle, fallait que mon cerveau m'ait fait un caca nerveux pour que je vienne vivre sur la côte d'azur. Ah ! J'ai failli oublier les pétasses pas forcément blondes à chaque coin de rue. Meunon, elles ne font pas le trottoir, elles énervent sans calmer. Je te montre, mais tu ne touches pas ! Raaaa !!! Des claques oui ! Pour le groupe du coin, ce sont des cagoles. Moi qui déteste la frime et les QI de moule, j'étais gâtée !!
Jérôme muté en Corse, je suis restée vivre à Saint-Mandrier. J'y ai loué un studio mezzanine en bord de mer au premier étage d'un complexe. De l'extérieur, chaque logement faisait penser à un aquarium avec les immenses baies vitrées. Un sauna en puissance l'été. Les seize mètres carrés de doubles rideaux n'étaient pas de trop pour décourager les touristes trop curieux. Ils se promenaient le museau en l'air, espérant sans doute apercevoir une espèce, une œuvre, un truc rare ou inédit. Mais j'étais mieux lotie que les marmottes ou les singes dans les zoos cantonnés au pop corn ou aux cacahouètes.
Me lever et voir la mer chaque matin était un petit miracle quotidien. Tant pis pour les petits boulots loin d'être motivants, le spectacle de la plus belle rade d'Europe m'aidait à ne pas tomber dans la déprime. Et puis je pouvais piocher à volonté dans un banc de jolis mâles pas farouches affectés à l'école de plongée militaire. Hameçon inutile, ils sautent dans le bateau tout seuls ! J'ai lâché mes principes et profité de l'aubaine. Jolis gosses, jolis corps, pas curieux, pas collants, pas jaloux, affamés à souhait, ça tombait pile poil avec mes envies du moment. Le phare de la vieille, au bout du quai, s'en souvient encore.